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Pourquoi j’ai refusé mon premier contrat d’édition

Pourquoi j’ai refusé mon premier contrat d’édition

Bonjour la compagnie,

Aujourd’hui, nous allons parler d’un sujet plus sérieux: les contrats d’édition. Je ne vais pas vous faire un long laïus sur les contrats en général, et les conditions de travail des auteurs, mais je vais vous parler de mon expérience.

En novembre, j’ai reçu un mail. LE mail. Une maison d’édition était intéressée par l’un de mes romans et voulait le publier. Bien évidemment, papillons dans le ventre, grand sourire, j’étais super heureuse et surtout flattée que l’un de mes romans ait réussi à passer la fameuse barrière de la maison d’édition. Ce roman, c’est mon petit deuxième: Contre vents et marées!

Est-ce que je souhaite être publiée?

Pour la petite histoire, durant l’été, j’ai envoyé quelques mails avec mon manuscrit à des maisons d’édition triées sur le volet. J’ai dans mon viseur quelques ME et comme je ne suis pas désespérée, je n’ai pour le moment, envoyé aucun manuscrit en format papier. Peut-être plus tard. Je ne souhaite pas être publiée à tout prix. J’aimerais bien, je l’avoue, j’aimerais voir mon livre sur les étagères des librairies et magasins. J’aimerais voir de la publicité pour l’un de mes romans. Mais je sais que le milieu est fermé. Etre publié est difficile, d’autant plus dans les grosses ME. Mais surtout, je ne compte pas accepter n’importe quelles conditions car l’autoédition me convient très bien! Il est hors de question pour moi d’accepter des conditions moins intéressantes que celles que je vis actuellement et je ne compte pas dire oui à tout, uniquement pour être publiée.

Quid des maisons d’édition

En ce sens, je ne me suis pas intéressée aux petites ME, celles qui démarrent ou qui ont très peu de visibilité. Je n’en vois pas l’intérêt car au final, je me retrouverais avec moins de redevances, tout autant de travail qu’avant et avec moins de liberté. Je ne souhaite donc signer qu’avec des moyennes ou grosses ME (plus difficile me direz-vous!). L’idée est d’avoir plus de visibilité.

Est-ce que je suis prête à négocier?

Evidemment! Un contrat se négocie, un contrat doit convenir aux deux parties. La ME doit aussi y gagner, elle fait un pari sur un auteur inconnu et doit donc s’y retrouver. Il y a donc certaines conditions que j’étais prête à accepter, mais pour d’autres, je ne voulais pas céder ou en tout cas, pas y perdre.

Le premier contact

Suite au mail reçu, nous avons donc convenu d’un entretien téléphonique. L’éditrice a été particulièrement agréable, très ouverte et transparente. Elle m’a bien expliqué tout le processus sans me prendre de haut car j’étais autoéditée. En bref, j’ai eu un excellent contact avec cette ME. C’était déjà un bon pas. Difficile de travailler avec quelqu’un avec qui ça ne passe pas! J’ai pris des notes durant notre conversation et elle m’a ensuite expliqué qu’elle allait m’envoyer une proposition de contrat que je devais étudier.

Les conseils des indés

Entre temps, de nature organisée et plutôt réfléchie, j’ai fouiné sur le net et je me suis rappelé que j’avais vu passer un article de Nathalie Bagadey (dont je vous vante les mérites très souvent!!) concernant les contrats d’édition. Je suis allée sur son site, j’ai imprimé son article ainsi qu’un contrat d’édition type qu’elle nous conseillait de lire attentivement, rédigé par la SGDL. J’ai surligné tout ce qui m’intéressait. Par exemple, les produits dérivés ne m’intéressaient pas, mais d’autres points comme la durée oui.

L’article de Nathalie

Le contrat type

J’ai aussi contacté une auteur que je connais et qui a été publiée chez eux pour lui demander son ressenti sur sa collaboration avec la ME.

J’avais aussi en tête les paroles de Samantha Bailly et les mouvements #payetonauteur et #auteursencolère. Il était hors de question pour moi d’oublier ce que j’avais lu récemment sur les conditions de travail des auteurs.

Le contrat

J’ai lu le contrat de la ME avec attention. Il était clair et facile à appréhender. J’ai noté mes questions et les points qui me posaient problème.
Certains éléments étaient satisfaisants: l’avance était plus que correcte, l’éditrice m’a rassurée sur le nombre d’exemplaires conséquent du premier tirage. Le pourcentage des droits d’auteur était correct aussi, dans l’ordre de ce qui est proposé à ce jour. Je n’avais donc pas de soucis sur ce point. Côté financier, je n’étais pas inquiète, ce qui m’inquiétait c’était le reste!

De plus, l’éditrice m’a confirmé que mon livre ne subirait aucune modification quant au contenu. L’histoire était publiable en l’état, aucune modification, aucun travail sur le texte. C’était aussi un bon point! J’étais ravie !

Ce qui m’embêtait

-J’avais envie de garder mes droits numériques: la ME a refusé.

-Je voulais un droit de veto ou de regard sur la couv et le titre qui allaient sûrement être modifiés: refusé aussi. Même si on m’a invitée à envoyer des idées de couverture ou titre… Mais je n’avais pas mon mot à dire (c’est quand même mon livre et ça m’a dérangée qu’on ne me donne même pas un petit joker ou un droit de regard, j’aurais aimé pouvoir en discuter avec eux, être intégrée au processus, mais il s’avère que cette ME a une fâcheuse tendance à mettre de côté les auteurs et la communication semble difficile en cours de route).

-La durée du contrat: il n’y en avait pas, c’était donc à vie et même 70 ans après ma mort… Pas top si ça se passe mal avec la ME. J’ai proposé des durées: aucune réponse sur ce point.

En fait, ce qui me dérangeait c’était donc d’être totalement dépossédée d’un livre que je porte depuis des mois, que je vends correctement et qui a trouvé ses lecteurs. Je ne voulais pas perdre la main sur tout, même si c’est le but du jeu. J’aurais voulu que la ME fasse un pas en acceptant au moins un bout de mes conditions ou en les négociant. Au final, on se retrouve avec des conditions imposées, mais un contrat doit convenir aux deux parties, il faut donc savoir faire un pas vers l’autre. Ce qui n’a pas été le cas. J’aurais signé s’il y avait eu un effort quelconque de la part de la ME, même si elle n’acceptait pas tout.

Pourquoi j’ai refusé

J’avais la boule au ventre! Au lieu d’être excitée et ravie, j’étais très anxieuse. Et je suis plutôt du genre à suivre mon instinct. Je savais qu’un truc clochait. Je ne me sentais pas prête, ça n’allait pas, je n’étais pas satisfaite du contrat et pas prête à « abandonner » mon livre. Je pense que ce n’était ni le moment ni la bonne ME. J’ai fini par refuser et j’ai été soulagée! C’était donc la bonne décision.
Evidemment, je me suis posé la question, car j’avais peur de regretter, mais ce n’est pas le cas. J’ai vu d’autres auteurs de mon entourage signer chez eux récemment, j’espère qu’ils seront enchantés de leur choix. De mon côté, je continue en autoédition car ça me correspond bien, mais je ne ferme pas la porte à l’édition traditionnelle. J’attends juste la bonne ME et le bon contrat car je ne compte pas « subir » des conditions moins intéressantes que celles que je vis actuellement (je ne parle pas que du côté financier, mais aussi en terme de promo, de visibilité et autres).

Si je peux vous donner un conseil, c’est de bien réfléchir avant de signer. Un contrat vous lie pour de nombreuses années et il ne faut pas foncer tête baissée. L’édition n’est pas le Graal, c’est plutôt la cerise sur le gâteau si tout se passe bien, mais ça peut aussi très mal se passer. Donc étudiez bien le contrat et lancez-vous uniquement si vous être sûrs que c’est ce que vous voulez! De mon côté, j’ai suivi mon instinct et il m’a rarement trompé. On verra bien ce que l’avenir me réserve!

A bientôt,

Audrey

Pourquoi l’autoédition?

Pourquoi l’autoédition?

Bonjour la compagnie,

L’autoédition a mauvaise presse. Dans l’esprit général, si on est autoédité c’est parce qu’on n’est pas assez bon pour être publié en maison d’édition. Et bien sachez que la réalité est toute autre. Cela fait maintenant plusieurs mois que je côtoie le monde de l’autoédition. Je discute avec des auteurs, des blogueurs, je lis des articles, des témoignages, je regarde des vidéos. En bref, je baigne dans ce milieu.

Et lorsqu’on parle aux auteurs, soyez assurés d’une chose, ils sont plutôt ravis d’être autoédités et à 90% c’est par choix. Oui, vous avez bien lu, PAR CHOIX! Non pas parce que les maisons d’édition ont refusé leur manuscrit, non, ces personnes ont décidé de s’auto-éditer. Attention je ne suis pas en train de dire que tous les autoédités refuseraient un contrat d’édition si on le leur proposait. Certains oui, pour d’autres ils étudieraient la proposition, avec attention. D’ailleurs, des auteurs autoédités parviennent à vivre de leur métier d’auteur et cela sans ME. Comme quoi… Tout est possible!

Alors pourquoi l’autoédition est-elle appréciée?

L’autoédition rime avec LIBERTE. Car être autoédité, c’est maîtriser son aventure de A à Z. C’est décider de tout, de la couverture, du titre, de la forme, du contenu du livre, de la promo, du prix, de TOUT. Et c’est réellement ce qu’aiment les auteurs. Avoir la main sur LEUR livre car ils ont travaillé durant de longues heures afin de publier une histoire, alors autant aller jusqu’au bout en choisissant chaque détail.

Le hic, eh bien: il faut tout faire. Bien sûr, il y a toujours la possibilité de faire appel à un graphiste pour la couverture, un correcteur pour les corrections, un site de type librinova pour être épaulé. Mais, beaucoup d’auteurs préfèrent tout faire eux-mêmes et cela demande de la formation, du travail (beaucoup!) et de la persévérance. On essaie, on teste, on réessaie, on regarde des vidéos, on lit des articles, on pose des questions aux copains auteurs, on s’arrache les cheveux, on insulte son ordi, mais au final, quelle satisfaction de parvenir à faire ce que l’on souhaitait!

 

Et moi?

Et bien, comme pour la plupart de mes amis auteurs, cela a été un choix. Un premier choix. Car je ne me suis pas vraiment posée la question. Je savais qu’être éditée en maison d’édition était quasiment impossible en étant inconnue. Je n’ai pas tenté d’envoi de manuscrit. Je me suis renseignée sur l’autoédition et j’y ai pris goût, car j’ai pu tout décider et tout gérer du début à la fin. J’ai pu porter mon roman jusqu’au bout de l’aventure. Et c’est vraiment une satisfaction incroyable de tenir son premier roman dans ses mains. Le tout premier, le PROOF que vous demandez après avoir passé tant d’heures à tout mettre en forme. Il est là, il est à vous et c’est votre travail! Quel bonheur! 
Par la suite, quelques mois après, comme mon livre marchait bien et les retours étaient positifs, j’ai tenté quelques envois à des maisons d’édition, seulement certaines qui acceptaient des manuscrits par mail, il était hors de question pour moi de payer une fortune afin d’envoyer des manuscrits à travers la France à de grandes ME qui sont déjà débordées et croulent sous les demandes. J’ai essuyé quelques refus, pour les autres, ils ne prennent même pas la peine de répondre. Je n’ai pas tenté les petites ME car je suis plutôt contente de l’autoédition et je me dis que si un jour je suis éditée ce sera par une ME qui pourra réellement m’apporter de la visibilité et qui a du réseau. Pas forcément une très grosse ME, certaines moins importantes arrivent à se démarquer. Mais en attendant, je vis très bien l’autoédition et je compte bien continuer sur cette voie. Je n’ai d’ailleurs envoyé mon second manuscrit à aucune ME. Et je ne compte pas le faire. On verra plus tard. Peut-être.

Je ne ferme donc pas les portes à une possible maison d’édition, bien au contraire. Etre édité est flatteur et surtout cela permet de gagner une visibilité qu’il nous est difficile d’atteindre en tant qu’autoédité. Pouvoir voir son livre dans des librairies et magasins, c’est vraiment un plus qui me manque actuellement. Car il ne faut pas se mentir, c’est assez compliqué de placer son roman en librairie et c’est le numérique qui cartonne de mon côté. Mais, en attendant, je peux suivre mes ventes, décider de tout, des promos, des modifications, du contenu, de la forme et j’ai la chance de toucher mes redevances chaque mois! Je n’ai donc pas à me plaindre.

Pour conclure, je voulais ajouter que la communauté des auteurs indés est vraiment fabuleuse. Elle est assez soudée, solidaire et on n’est jamais vraiment seul dans l’aventure, car il y a toujours quelqu’un pour vous conseiller ou vous aider. Les blogueuses et blogueurs qui lisent des indés sont aussi un atout majeur et un soutien incroyable! Cette belle communauté permet à chacun de vivre son rêve, que ce soit celui de la lecture ou de l’écriture. Sachez qu’il y a vraiment de très bons romans en autoédition, des romans même meilleurs que certains édités. Etre autoédité ne veut pas dire mauvais, au contraire, ce sont des auteurs qui se battent pour leur art et leur passion. J’ai découvert de très belles pépites au cours de ces derniers mois. Alors laissez-vous tenter! Et puis c’est quand même sympa de pouvoir discuter avec un auteur après sa lecture. Les indés sont plutôt ouverts et accessibles, c’est un plus! 

Pour lire mes romans, c’est ici =}  http://amzn.to/2F9WI6D

 

A bientôt,

Audrey

 

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